L’historicisme n’excuse pas les préjugés

Le site La mirada de Gorgona
NdT ; les liens que nous avons ajouté redirigent vers Wikipedia, sauf mention contraire.

Aujourd’hui, je me mets à l’œuvre grâce à trois discussions différentes que j’ai eues la semaine dernière. Je vais donc me plonger dans ce qui est, peut-être, le thème le plus controversé (avec celui des outils de sécurité émotionnelle, sur lequel j’ai encore beaucoup à dire) que nous ayons traité chez La Mirada de Gorgona. Je vous demande d’avance un peu de patience pendant la lecture de cet article, parce que je vais beaucoup m’étendre sur ce sujet et que je veux correctement poser les bases de tout ce dont je veux parler en ce qui concerne ce thème qui, par ailleurs, pourrait encore me fournir pas mal d’articles et que je pourrais donc développer à l’avenir.

Normalement, je ne suis pas partisane de dérouler mon CV rôliste ou académique avant de commencer à écrire, mais je crois qu’ici c’est indispensable. L’Histoire, et plus précisément l’utilisation de l’historicisme dans les jeux de rôle, est un sujet qui m’a toujours interpellée en raison de mes études (je suis licenciée en Histoire).

En fait, le premier jeu que j’ai maîtrisé est [le JdR démonico-médiéval] Aquelarre grog, parce que mes amis sont arrivés avec le livre de base et m’ont littéralement dit « Tiens, celui-là, il est pour toi, puisque tu es notre étudiante en Histoire ». C’est ça, le quotidien d’un historien. Puis je me suis spécialisée en archéologie romaine et j’ai fait mon doctorat sur l’urbanisme dans la ville de Valentia [ancien nom romain de la ville de Valence en Espagne (NdT)]. J’insiste sur tout ça au cas où quelqu’un penserait que je ne sais pas de quoi je parle : croyez-moi, c’est un sujet que je maîtrise bien.

Alors, sans plus attendre, je commence.

N’utilisez pas l’Histoire comme excuse. Merci bien.

Je vais commencer cet article par ce qui sera la conclusion, au cas où vous l’oubliez durant la lecture :

N’utilisez jamais l’historicité d’un JdR pour excuser votre racisme ou votre sexisme. Sérieusement, ne faites pas ça.

C’est moche, c’est horrible, et ça ne sera sûrement pas historique.

Et pourquoi est-ce que je dis ça et que j’insiste de façon aussi brutale dès le début ? Parce que j’en ai assez des phrases du genre : « Ça n’arrivait pas à l’époque » (pour parler de l’égalité hommes-femmes, par exemple dans Donjons & Dragons). Vraiment ? Sérieusement ? Vous vous entendez parler ? Il y a des dragons dans votre univers ! C’est quoi cette historicité-là ? Et c’est la même chose pour moi lorsqu’on parle des années 1920 dans l’Appel de Cthulhu ou même... le Moyen-âge d’Aquelarre  (1) !

Ce n’est pas une excuse.

Et donc, qu’est-ce qu’on peut faire, ou pas ? Est-ce que mon monde est réaliste historiquement ? Comment est-ce que je sais que quelque chose pouvait arriver ou non ? Comment traiter ce thème ? Comment éviter de passer à côté des horreurs de l’Histoire ? Eh bien, je vais essayer de répondre à ces questions de manière constructive, parce que c’est ce que j’aime faire. Mais il fallait vraiment que je commence par réaffirmer ma position, au cas où ce ne serait pas clair...

Tout est politique.

Vous vous demandez donc pourquoi je commence cette analyse par une phrase aussi controversée, qui a été au centre de beaucoup de polémiques rôlistes sur Twitter et d’autres réseaux sociaux ces derniers temps.

Politique : Du latin « politicus », qui provient du grec « πολιτικός » (politikós), qui veut dire « des citoyens » ou « de l’État », sachant que l’adjectif « πόλις » (pólis) désigne la ville, mais aussi l’État, puisque la ville était, en Grèce antique, la seule unité étatique qui existait (jusqu’à l’époque des Macédoniens qui réussirent à unifier la Grèce en un royaume).

Définition de : Etimología de la lengua española

Comme l’étymologie du mot l’indique, la « politique » c’est tout ce qui touche les citoyens ou l’État. Par conséquent, n’importe quel JdR qui parle de relations humaines, qui soit situé dans n’importe quel type de royaume ou de structure politique, est éminemment politique. En fait, c’est aussi politique que n’importe quelle autre activité sociale, puisqu’on utilise des règles sur lesquelles on s’est mis d’accord pour [définir] ce qui est « correct » ou « incorrect » en communauté. Ainsi, le fameux « contrat social », qui régit n’importe quelle table de JdR ou n’importe quel Grandeur-Nature, est politique en soi.

Par conséquent, il convient de réfléchir aux décisions que l’on prend au sujet des relations politiques qui régissent notre passe-temps, autant en jeu (dans l’univers fictif) que hors-jeu (le métajeu ou même les normes sociales générales qui nous guident). Et ceci est essentiel pour pouvoir lui donner une vision historiquement correcte. L’une des premières choses que l’on apprend à tout historien, c’est d’être conscient que l’on est toujours (et quand je dis toujours, c’est absolument toujours) partial lorsqu’on raconte l’Histoire. L’objectivité n’existe pas dans notre discipline. Notre propre vision du monde va influencer notre analyse de n’importe quelle société ancienne, tout comme la vision de l’auteur a influencé les textes écrits qui nous sont parvenus.

Et, par conséquent, si on perd ça de vue, on perd de vue le véritable objectif de notre profession : se rapprocher le plus possible du mode de vie des sociétés passées, les comprendre et voir comment elles ont évolué.

Prenons un exemple : On découvre une tombe de l’âge de cuivre. À l’intérieur, un corps adulte entouré d’un riche trousseau qui comprend plusieurs poignards triangulaires. Quelles sont les données objectives ? Eh bien uniquement la description de la strate (même si, en fait, elle aussi serait biaisée), la liste d’objets et leur disposition, leur composition, et la position du squelette. À partir de là, toute conclusion qu’on en tire sera subjective, même en essayant de se rapprocher au maximum de l’objectivité. On peut utiliser la datation relative, dire qu’elle appartient à quelqu’un de l’élite de cette société-là. Si on utilise une lecture traditionnelle, cette tombe serait automatiquement celle du chef du village. Oui : « chef », au masculin. Ne serait-ce pas normal ?

Eh bien non. Ça, c’est notre vision biaisée de cette société et de ses traces qui est en train de nous influencer. En fait, les analyses génétiques nous permettent d’apprendre que beaucoup de tombes de « chefs » de l’âge du cuivre appartiennent en réalité à des femmes. Et ça arrive aussi avec celles des supposés chasseurs paléolithiques. Notre vision eurocentrée et patriarcale nous fait projeter des éléments de notre propre culture sur le passé.

Qu’est-ce que l’historicité et comment sait-on qu’on la respecte ?

Si on veut faire du JdR (quel qu’en soit le format) à thématique historique, la première question à se poser est : quel est le degré d’historicité qu’on recherche ? Et comment s’assure-t-on de la respecter ? Et, pour cela, il faut d’abord être clair sur le concept d’historicité.

Historicité : n. f.

  1. Existence réelle et vérifiée d’un évènement passé prétendument historique.
    « L’historicité des évènements racontés par Homère dans l’Odyssée est vraiment douteuse ».
  2. Importance et transcendance d’un évènement ou fait qui lui permet de faire partie de l’Histoire.
    « L’historicité de la chute du mur de Berlin est au-dessus de tout soupçon ». 

Définition extraite d’Oxford Languages

On peut donc voir que l’historicité est juste l’existence réelle et vérifiée d’un évènement historique : est-ce que ce qu’on est en train de raconter est vraiment arrivé ? C’est [un critère] vraiment habituel dans la création d’univers et de campagnes de JdR, inspirées par des périodes historiques particuliers, par certaines civilisations, etc. Rechercher l’inspiration historique pour mes scénarios est l’une des choses que je préfère dans le JdR, autant en GN qu’autour d’une table.

Par conséquent, la première étape pour obtenir un certain degré d’historicité est de bien se documenter. Qu’est-ce qu’on connaît sur ce thème ? Quels auteurs en parlent ? Quelles sont les nouvelles tendances qui réinterprètent cette période ou cet évènement ? Parce qu’en plus, le principal problème que l’on rencontre lorsque quelqu’un prend l’ « historicité » pour excuse, c’est qu’il ou elle s’est limité à une connaissance désuète et obsolète de l’Histoire, probablement héritée de l’historiographie du milieu du XXe siècle, qui est spécialement rétrograde dans le cas de l’Espagne où, je vous le rappelle, un régime totalitaire contrôlait les publications. Il est essentiel de fuir de cette vision franquiste de l’Histoire pour véritablement aborder n’importe quel thème rôliste de manière historique (2).

La deuxième étape est de se demander le degré d’historicité qu’on veut obtenir. Maintenant qu’on sait (à peu près) comment se passaient les choses à cette époque, qu’est-ce qu’on garde et qu’est-ce qu’on laisse de côté lorsqu’on prépare les parties ? Plus loin, je vais vous donner quelques conseils pour prendre ces décisions, mais pour l’instant je voudrais que vous réfléchissiez à ce qui est le plus important pour votre création. Voici quelques exemples classiques de visions historiques dans le JdR :

1. Créer un univers de jeu le plus proche possible de la réalité

Classique des GN et JdR éducatifs ptgptb centrés sur l’Histoire, comme Karma (es) [un JdR éducatif gratuit qui propose de jouer à n’importe quelle période de l’Humanité (NdT)]. Il est impératif de se rapprocher le plus de ce qu’on connaît de l’Histoire.

2. Disposer d’un décor solide où développer vos histoires

Une des manières les plus populaires de voir l’Histoire à travers les jeux de rôle. C’est ce que font des JdR comme l’Appel de Cthulhu, Aquelarre, etc. Ici, la période constitue le décor, mais les personnages et les ennemis seront du domaine du fantastique et peuvent être plus ou moins basés sur ce qui se passait à cette époque.

3. En tant que référence pour le développement d’univers de fantasy ou de science-fiction [ou d’uchronie (NdT)]

Ça peut être le cas du Moyen-âge/Renaissance qui sert de base à la plupart des univers classiques de D&D, mais également du point de départ de plusieurs autres jeux comme Les Secrets de la 7e Mer grog ou La Légende des 5 Anneaux grog. On n’essaye pas d’être rigoureux historiquement, mais d’avoir assez de références esthétiques, sociales, mythologico-religieuses, etc, pour que la société créée en soit plausible.

4. Critique sociale

Vous pourriez souhaiter axer votre scénario sur une dénonciation de problèmes sociaux précis : le racisme, la discrimination, la guerre, etc. C’est une décision consciente qui marquera évidemment tout le ton de la partie. On peut voir ça dans l’inspiration de certains scénarios de 7 Días de Travesía (es) [7 Jours de Traversée] qui parlent de thèmes comme l’esclavage ou la désertion.

couverture de Pulp Cthulhu

Enfin, demandez-vous quels éléments, parmi ceux que vous avez décidé de mettre dans votre scénario, peuvent être problématiques, et trouvez la meilleure manière possible de les communiquer à vos joueurs. Je ne me lasserai jamais de le dire : la communication est la base de tout contrat social. Et on ne peut plus parler de coups de théâtre lorsqu’au lieu d’avoir un effet sur le personnage, ils ont un effet sur la joueuse. Prenez ça en compte et utilisez les outils qui vous semblent le plus confortables pour communiquer là-dessus (étiquettes, session 0 ptgptb, etc.). Si vous voulez en savoir plus sur la communication, je vous mets le lien de cette conférence de Liza aux NetCon 2020 (es), qui traite de ce sujet ptgptb avec brio (3).

Dépasser l’Histoire Européenne

Ça vous surprendra peut-être que je mette cette parenthèse, mais il me semble essentiel d’en discuter à part de manière claire, me joignant aux demandes des rôlistes d’autres origines qui, depuis longtemps, essayent de nous en parler. Si c’est un sujet qui vous intéresse particulièrement et que vous préférez l’entendre de sa bouche plutôt que de la mienne : Matt, de [la chaîne YouTube] Carpe Dice (es), a de très belles interventions dans cette table ronde (es), qui pourront probablement vous éclairer (4).

Pour ma part, je suis encore surprise de l’eurocentrisme que je perçois dans l’approche de toutes les références historiques. L’Europe a une tradition historiographique basée sur la supériorité morale de notre civilisation sur les « barbares » et sur la nécessité de les « civiliser ». Un discours impérialiste, empli de haine et de racisme ou, dans le meilleur des cas, de condescendance envers des cultures qui ne sont pas la nôtre. Ce genre de vision imprègne encore aujourd’hui, malheureusement, tous les programmes d’enseignement de l’Histoire, depuis l’école primaire jusqu’à l’université même. Comment est-il possible que l’on appelle encore « Histoire Universelle » celle qui ne parle que de l’Europe ?

NdT : En Espagne, à l’école, on fait la distinction entre l’Histoire de l’Espagne et l’Histoire du reste du Monde, dite « Universelle ».

Sans vouloir davantage entrer dans un débat dont le JdR n’est pas une cause directe, je veux quand même signaler que cette vision continue d’imprégner chacun des jeux de rôle qui est publié dans les pays à majorité blanche. Une vision selon laquelle, même dans la fantasy, les royaumes « bons » et « normaux » sont ceux aux inspirations européennes, tandis que n’importe quelle culture extérieure est perçue comme carrément ennemie, ou, avec un peu de chance, en tant qu’élément lointain et exotique. Cette dernière interprétation peut nous sembler plus positive que la première, mais elle ne fait que perpétuer des stéréotypes ethniques et culturels et est tout aussi nocive.

Il peut être très difficile d’équilibrer le fait d’avoir des références culturelles variées tout en respectant les cultures qui ne sont pas les nôtres. Les débats sur l’appropriation culturelle et la représentativité d’éléments ethnico-religieux ont été très intenses ces dernières années, et je ne crois pas être en position de supériorité pour émettre des jugements de valeur à ce sujet. J’aimerais juste vous conseiller, si vous décidez de baser votre construction d’univers sur des cultures non-Européennes, de vous documenter correctement et d’essayer d’en transmettre une image respectueuse. Ça vous embête lorsque les Américains nous représentent, nous autres Espagnols, en Toréros qui chantent des sévillanes, ou même directement en Mexicains à sombreros ? Eh bien ne faites pas ça à d’autres cultures.

Le point de vue qu’on peut avoir ailleurs sur le genre et la sexualité est un exemple d’élément, très positif, qui peut être utilisé pour permettre plus d’inclusivité. Saviez-vous qu’il existe des cultures avec cinq genres bbc ou même plus ? Eh bien, si vous êtes en train de créer une société de fantasy ou de science-fiction, vous voudrez peut-être utiliser cet élément comme base et vous éloigner du binarisme habituel de ceux qui puisent dans l’Histoire européenne.

Pour mieux connaître ce point de vue sur le genre, je vous recommande chaudement le catalogue du Musée de l’Amérique pour une splendide exposition appellée Trans(es) (5) et qui abordait les différentes perspectives de genre dans les cultures latino-américaines. Vous pourrez y voir comment faire un bon travail de documentation et de vulgarisation d’un thème aussi complexe.

Je vous recommande aussi de commencer à lire des écrits de personnes qui proviennent de ces cultures, puisqu’on y trouve leur point de vue, les éléments qu’ils trouvent importants, sacrés ou iconiques. Et, en plus, ça nous permet de sortir de la vision dans laquelle on nous a éduqués. Le travail réalisé sur Wagadu Chronicles (en), pour créer un monde inspiré par l’Afrique, autant pour le JdR que pour des jeux-vidéos, en est un excellent exemple. Écoutons les voix d’autres cultures, elles ont beaucoup à nous apporter.

Comment puis-je bien me documenter?

Alors, comment fait-on pour se documenter correctement ?       

Eh bien, il n’y a pas de recette universelle. Chaque période et chaque culture a ses propres sources et ses particularités. Et là, nous qui avons fait des études liées à l’Histoire, nous avons un avantage, puisqu’on nous a appris la compétence de documentation. Malgré ça, [si ce n’est pas votre cas,] ne perdez pas espoir ! C’est accessible à tous avec un peu de bonnes pratiques.

Voici mes (pas si) brefs conseils à ce sujet :

  • Commencez à un niveau général (par exemple, Wikipédia). Abordez les thèmes qui vous intéressent avec l’esprit ouvert, sans non plus vous laisser convaincre par tout ce que vous pourrez lire. Récemment, pendant que je me documentais pour des projets de JdR, j’ai trouvé quelques articles sur 'pédia qui, au niveau des informations, ne laissaient pas grand-chose à désirer, sauf qu’ils contenaient une vision misogyne qui m’a donné la chair de poule. Réfléchissons : lorsqu’il est écrit que Poppée était « une salope » ou « une manipulatrice », était-elle vraiment comme ça ou sommes-nous en train de prendre pour argent comptant les visions machistes comme celle de Suétone sans nous poser de question ?

Poppée

Ne s’agit-il pas, plutôt, d’une femme qui a essayé de gagner du pouvoir dans un monde masculin et qui a été condamnée pour ça ? Faites attention lorsque vous croiserez ce genre de qualificatifs dans un article, ses sources sont probablement réactionnaires et obsolètes.

  • Évoluez vers un niveau plus précis. Explorez peu à peu les thèmes qui vous intéressent, en creusant toujours vers plus de détail. Ça ne sert à rien de lire un article scientifique sur les ex-voto ibères du sanctuaire de Cerro de los Santos quand on ne connaît rien à la culture ibère, à sa religion ou à ce gisement archéologique. Alors allez-y pas à pas, et appliquez-vous à ne pas vous perdre.
  • Essayez d’utiliser des sources récentes, si possible. C’est très fréquent, lorsqu’on recherche des informations historiques, que les livres et les articles que l’on trouve aient plus de 50 ans, avec tout ce que ça suppose d’obsolescence des techniques historiographiques. Mon conseil est d’essayer de faire en sorte que l’article ait au maximum 20 ans, mais sinon, qu’il soit au moins postérieur aux années 1980, lorsque les tendances historiographiques ont subi des changements importants.
  • Utilisez des ressources précises. Voici une petite liste de quelques-unes d’entre elles que j’ai l’habitude d’utiliser (6).
    • Dialnet (es) : Liste d’articles scientifiques en espagnol. C’est très complet, avec beaucoup de PDF téléchargeables gratuits.
    • Academia.edu (es) : Sur cette plateforme (gratuite), la plupart des chercheurs en Histoire mettent en ligne les articles qu’ils viennent de publier. Le seul problème : un moteur de recherche assez moche – puisque celui qui a plus d’options est payant.
    • Ceres (es) : l’annuaire où on peut trouver toutes les pièces des musées d’État espagnols. Une source incroyable d’inspiration spécifique.
    • Le site web des différents musées espagnols [ou d’ailleurs (NdT)]. La plupart disposent de publications téléchargeables gratuites et de beaucoup d’informations en ligne. D’habitude, c’est à jour et didactique. Génial !
    • Les bibliothèques universitaires. Si vous avez le temps, c’est un autre excellent choix. Certaines ont des livres scannés et uploadés en PDF, et pour d’autres il faudra se déplacer, mais elles sont souvent avancées et complètes. Pour ceux qui aiment se plonger dans leurs recherches autant que moi.

gros tome de bibliothèque

Quels thèmes peuvent être controversés ?

Sans essayer d’en faire une liste très complète, je veux quand même parler des thèmes qui peuvent créer le plus de controverses lorsqu’on fait des références à l’Histoire, et pourquoi.

Le genre

Le genre est un des thèmes qui conduisent le plus à l’erreur. Je vous conseille la conférence d’Ángela (es) à Carpe Dice (4) pour en savoir plus sur le traitement du genre et de la sexualité dans les JdR. Je vais juste parler de la partie purement historique. Ce qu’il faut prendre en compte :

  • Toutes les sociétés au long de l’Histoire n’ont pas été binaires, depuis l’existence des eunuques (considérés un troisième sexe par d’autres cultures) jusqu’à des divisions beaucoup plus complexes. Si vous décidez qu’il y aura du binarisme, soyez conscients de vos raisons et de ce que ça vous apporte.
  • La femme n’a pas toujours été aussi marginalisée que ce qu’on peut croire, même en Europe. Beaucoup de femmes avaient de l’agentivité [de la liberté d’action significative (NdT)], même dans les sociétés patriarcales ; elles avaient leurs propres objectifs, qui ne tournaient pas nécessairement autour de ceux des hommes. Une grosse partie de notre vision provient de la morale victorienne du XIXe siècle ; ne tombons pas dans le piège de reproduire ce cliché.
  • Il y a toujours eu des gens qui sont allés à l’encontre des stéréotypes de genre. Jeanne d’Arc, la « Nonne Lieutenante », Hypatie d’Alexandrie, et vraiment beaucoup d’autres. Si vos personnages sont des héros, ils et elles peuvent être extra-ordinaires, dans plusieurs sens du mot, dont celui-ci.

Les origines ethniques.

Beaucoup de sociétés anciennes ont été multiculturelles, avec des visages et des origines variées. N’allez pas croire que l’Europe a toujours été blanche et chrétienne ; même à l’époque médiévale et jusqu’au XVIIIe siècle, ce n’était pas le cas. Les Romains avaient beaucoup de couleurs de peau et des dieux d’origines diverses. Une des dames de compagnie de Catherine d’Aragon était noire. Documentez-vous et n’effacez pas cette présence sous prétexte d’historicisme.

L’orientation sexuelle.

Depuis qu’on a des documents historiques, on sait qu’il a existé des gens avec des orientations sexuelles variées, qu’ils et elles ont vécues selon les sociétés où iels vivaient. Si vous avez des doutes, il y a une superbe tendance historiographique que l’on connait comme « Histoire queer » ou « archéologie queer » qui peut vous en apprendre plus. Quelques notes :

  • En Grèce et à Rome le point de vue sur les relations homosexuelles était très différent de celui issu de la morale chrétienne. Elles n’étaient pas perçues négativement, sauf si elles entravaient la continuité du lignage (l’amour et la famille n’avaient pas de raison d’aller de pair) ou, chez les Romains, si on était le partenaire « passif », parce qu’on considérait cela comme une perte de masculinité (7). Cette règle ne s’appliquait qu’aux hommes qui voulaient se lancer dans la politique.

  • En Égypte il y a un tombeau de ce qui ressemble à deux amants [de sexe masculin], appelée la tombe des manucures, et le pharaon était clairement au courant. Lorsqu’on voit les interprétations que font, même aujourd’hui, certains historiens, il est évident qu’on a encore beaucoup de progrès à faire pour effacer les biais actuels sur l’orientation sexuelle.
  • Il existe d’autres identités sexuelles. La représentativité n’est pas limitée à un choix entre l’homosexualité et l’hétérosexualité. La bisexualité existe (Sappho a des poèmes et des relations connues avec des personnes de genres différents). L’asexualité existe (avec plus ou moins de pression pour le mariage). Ne vous cachez pas derrière l’historicité pour effacer la diversité.

Les religions

Même si on peut trouver personnellement plus ou moins frustrant que la religiosité ancienne soit mal représentée, le vrai problème pour ce thème survient lorsqu’on utilise des religions qui, aujourd’hui encore, comptent des adeptes. Si vous avez des doutes sur ce qui pourrait être offensant ou pas, prenez le temps de lire les pratiquant.es et héritièr.es culturelles de cette religion et, si vous en avez la possibilité, demandez-leur directement. Les cas de l’Islam, des natifs américains ou des religions animistes africaines sont parmi les plus récurrents.

L’esclavage

L’esclavage est typique de beaucoup de sociétés anciennes, mais il a survécu jusqu’à l’époque contemporaine dans plein d’endroits (comme les États-Unis), où ce sujet n’a clairement pas été surmonté (et à raison). En ce qui concerne ce thème, il faut tenir compte de plusieurs choses :

  • Toutes les sociétés esclavagistes ne sont pas au même niveau. L’esclavage romain ressemble beaucoup plus au servage du Moyen-âge qu’à l’esclavage américain. Un esclave romain pouvait obtenir sa liberté, même gagner une bonne position pour lui et sa famille et il y en avait certains qui, même en tant qu’esclaves, jouissaient non seulement de la confiance de leur maître mais aussi d’un grand pouvoir et d’un bon mode de vie.
  • Ne donnez pas de connotations romantiques à ce phénomène. À cause de ce qui a été dit plus haut, on pourrait avoir tendance à romantiser l’esclavage. Ne faites pas ça, en aucun cas : les esclaves avaient moins de droits, leur existence était plus dure, et leurs maîtres.ses avaient droit de vie ou de mort sur eux. Ne fétichisez pas non plus la relation maître-esclave.
  • L’esclavage ne dépend pas nécessairement de l’ethnie. À certaines périodes de l’Histoire, on pouvait finir esclave à cause des dettes ou de l’issue d’une bataille, quelle que soit son origine. Prenez cela en compte, pas uniquement si vous reproduisez ces sociétés, mais aussi si vous vous en inspirez : tous les esclaves sont-ils des orcs, ou est-ce que leur peau ressemble à la mienne, me faisant vivre dans la peur de finir un jour comme eux ou elles ?

Classes et relations sociales

Dans les sociétés anciennes il y avait une division de classes vraiment différente de celle d’aujourd’hui. Prenez-les en compte pour créer vos univers, mais pas juste pour exclure ou en faire quelque chose de figé ([l’immobilité sociale] est peu courante, sauf dans des cas précis, comme les castes en Inde), mais plutôt pour vous demander pourquoi elles apparaissent et quels sont les moyens de passer de l’une à l’autre.

La famille

Les relations familiales ne sont pas les mêmes dans toutes les cultures. Dans certaines, le noyau familial est petit, alors que dans d’autres cultures, comme la méditerranéenne, il est élargi. Il y a aussi des structures familiales basées sur la monogamie, mais dans d’autres polygynie ou la polyandrie existent. Si vous décidez de les représenter, faites attention à ne pas les fétichiser ou projeter vos préjugés sur elles.

Je veux faire du JdR historique, comment éviter les stéréotypes ?

Une fois qu’on s’est plus ou moins correctement documenté, il est temps de se demander ce qu’on va faire de toute ces informations rassemblées – dont beaucoup seront totalement inutiles pour ce qu’on souhaite créer.

Par conséquent, la première question à se poser est : quel est le thème de notre campagne, maintenant qu’on connait véritablement notre source d’inspiration ? Quels éléments voulons-nous explorer ? Quel est notre objectif principal ? Comment intégrer tous ces sujets en fonction de la jouabilité du scénario ? Quelqu’un pourrait-il se sentir offensé par ça ? Une fois qu’on aura répondu à ces questions - pas aussi simples qu’il n’y parait -, il est temps de se mettre au travail.

Je vais essayer de développer quelques conseils en utilisant les éléments définis auparavant.

  1. Créer un univers de jeu le plus fidèle possible à la réalité.

Ici, ce que vous faites peut se rapprocher plus d’une reconstitution historique ou d’un essai plutôt que d’un roman historique ou d’un Grandeur Nature. Si vous avez des buts didactiques, c’est un bon choix.

Pour cela, utilisez les thèmes comme le genre et les origines ethniques de façon consciente, pour que ça fasse partie de cet apprentissage.

Mais n’oubliez jamais la jouabilité : les personnages sont presque toujours des personnes extraordinaires : peut-être que les femmes ne combattaient pas pendant l’époque de l’Espagne du XVe au XVIIIe siècle, mais la Nonne Lieutenante a existé.

Rajoutez les mécanismes de sécurité émotionnelle (es) pertinents et assurez-vous bien de expliciter le ton désiré du scénario. Et souvenez-vous toujours que la jouabilité est plus importante ptgptb que l’historicité.

  1. Disposer d’un univers solide où situer vos histoires.

Si vous allez avoir des éléments irréalistes, qu’il s’agisse des héros ou des ennemis - s’il y a des monstres issus des mythes de Cthulhu ou des apparitions démoniaques, ce n’est plus purement historique ! - pourquoi seriez-vous obligés.es de respecter tous les éléments ? Est-ce que le racisme ou le sexisme apportent quelque chose à votre scénario ? Si c’est le cas, réfléchissez à comment on va les jouer avec et prenez une décision consciente sur la façon de les intégrer.

  1. En tant que référence pour le développement d’univers de fantasy ou de science-fiction [ou d’uchronie (NdT)]

Dans ce cas-ci, réfléchissez à la société et la période qui constituent vos bases, et aux éléments que vous allez garder pour construire votre univers. Vous voulez qu’il soit sexiste ou raciste parce que c’est le thème de votre scénario ? D’accord, mais prenez cette décision consciemment.

Je vous conseille aussi d’élargir vos recherches par rapport à vos références habituelles : il existe d’autres cultures que l’Européenne, toutes très intéressantes, qui peuvent en plus fournir une approche originale à votre création. Un exemple de ça, c’est les cultures sud-américaines qui n’ont pas de binarisme de genre. Explorez-les et allez plus loin ! Mais soyez respectueux de leurs éléments et documentez-vous correctement pour ne pas tomber dans le piège de l’exotisme, qui n’est qu’une autre forme de racisme.

  1. Critique sociale.

Si l’objectif principal de votre JdR est d’être engagé, vous pouvez décider de mettre en avant certains thèmes au moment de rendre votre création vraisemblable. Dans le GN Be Positive, d’Esperanza Montero, le thème est l’épidémie de SIDA dans [le mouvement culturel espagnol de] la Movida ; par conséquent, le sujet principal sera la maladie et la discrimination des collectifs LGTBI+, par-dessus les autres thèmes qui pourraient être pertinents pour cette époque de l’Espagne, comme le terrorisme.

Conclusion: inclusivité sans aveuglement

Voici venu le moment de boucler la boucle en répétant mes mots du début : n’utilisez pas l’historicisme comme fondement pour votre discrimination. Nous l’avons vu, l’Histoire est beaucoup plus plurielle que ce qu’on suppose parfois, et nos biais actuels imprègnent chacune de nos interprétations.

Sachant cela, essayons d’être plus inclusifs et divers, prenons des décisions conscientes de création en ce qui concerne ces thèmes, soyons suffisamment courageux.ses pour en parler dans nos œuvres et communiquons-les à nos joueurs et joueuses de manière adéquate.

Tout ceci, bien sûr, nous permet de nous rapprocher du passé sans en ignorer les aspects négatifs. Si vous décidez d’éviter un élément discriminatoire et que vous en parlez dans l’introduction de votre jeu, chapeau. Vous pouvez aussi donner le choix d’y jouer en prenant en compte ou pas le sexisme ou le racisme (comme dans le cas de Good Society (en)). C’est ce que nous avons fait dans le GN Hasta que la Mafia nos separe [Jusqu’à ce que la Mafia nous sépare], où nous avons pris la décision consciente de nous passer des barrières de genre (dans plusieurs sens) et d’y donner un côté « mafia de cinéma », par rapport à d’autres scénarios comme Mafia original, qui avaient le machisme comme axe central de l’histoire qu’on voulait raconter.

Résumé :

  • Documentez-vous auprès de sources fiables.
  • Réfléchissez à vos objectifs.
  • La discrimination ne doit être un élément de création que consciemment choisi.
  • Communiquez correctement.
  • Utilisez les outils de sécurité émotionnelle.

Remerciements

Je veux finir en remerciant les trois éléments qui m’ont inspiré cet article : la conférence d’Ángela dans Carpe Dice (es) (4), l’interview que Friki Vetusto (es) a faite de moi et la discussion sur Twitter avec Kaede. Grâce à eux, j’ai pu sentir le besoin qu’avait la communauté rôliste d’un article comme celui-ci et, surtout le besoin que j’avais d’exprimer mes idées sur ce sujet.

Si vous m’avez lue jusqu’ici, vous avez toute mon admiration.

J’espère que vous avez aimé !

Article original : Historicismo en el rol: no es una excusa

Sélection de commentaires

d12_zodiac

J’applaudis, tiens. J’ai créé un jeu avec un cadre historique assez solide (et avec de la magie et du steampunk, mais c’est un autre sujet XD) et à chaque nouveau supplément que je sors, je répète toujours aux joueurs de soupeser jusqu’à quel point la « rigueur historique » vaut la peine. C'est-à-dire : oui, prenez ça, voilà des données culturelles sur cette société à cette époque, parce que c’est toujours cool de jouer avec des références qu’on sait historiques… mais si par exemple dans la culture Ainu les hommes étaient les seuls à tailler leurs totems, est-ce que vous allez vraiment interdire ça à la joueuse ? Et puis, pourquoi est-ce que cette supposée « rigueur historique » suit toujours les mêmes sentiers battus ? Lorsque je sors ma rigueur historique avec les geisha masculins et je leur explique qu’en fait, à cette époque, l’homosexualité était bien vue, tout d’un coup ces données dérangent.

Shagea

J’adore ta façon de traiter ce sujet. L’historicisme strict ne sert à rien si on reste à la surface ou dans les stéréotypes réacs.

J’aime aussi le conseil d’« aller vers la précision » ; même moi, avec mes études, je finis par oublier et je creuse, je creuse et je finis avec une bibliographie excessive.

<Fil de discussion>

Pour ce qui est de la fantasy, totalement d’accord. Pour le JdR historique, l’utiliser pour les revendications, voir comment tout a changé, génial… mais il y a des choses qui, si on est rigoureux, ne peuvent pas se faire. Mafia années 20 : des femmes, bien sûr, mais uniquement des femmes fortes et qui prennent le pouvoir, avec 20 joueur.euses ? Bizarre.

TiberioGraco6

En Angleterre, pendant la Première Guerre Mondiale, plein de femmes ont contrôlé des groupes mafieux parce que les hommes étaient partis à la guerre.

Lorsque les hommes sont revenus, ces femmes sont restées en retrait, mais… et si pour un de ces groupes ça ne se passait pas comme ça ?

J’y vois de la place pour un groupe de PJ.

C’est pour ça que [dans notre GN] c’était important de mettre une famille gouvernée par une femme, et une rebelle et une suffragette ; mais il y avait aussi des PJ non agentivisés, et plus d’hommes que de femmes (superbement interprétés par des joueuses, qui étaient plus nombreuses que les joueurs).

Mirella Machancoses López

Je n’ai écrit à aucun endroit dans mon article que ce serait impossible, juste qu’on réfléchisse aux raisons de le faire. J’ai fait des parties de GN et de JdR sur table de tout genre, et un personnage féminin intéressant et complexe n’a pas à être une cheffe. Mais il ne s’agit pas de marionnettes, et encore moins selon l’histoire.

LadyLythene

Qu’elles soient ou non des marionnettes, ça dépend aussi beaucoup de la personne qui les joue, parce que dès qu’on énonce « ton père veut X », il y a des joueur.euses qui font le contraire et c’est là aussi qu’est le charme, lorsqu’on les laisse faire.

Mirella Machancoses López

Je pourrais écrire tout un autre article là-dessus XD

Ça dépend de ce qu’ils et elles font, mais aussi des règles, de la marge que les autres joueurs leur laissent, etc. Moi, dans un GN historique chez les Romains avec du surnaturel, j’étais la Romaine en âge de se marier, enchaînée (littéralement) sur un balcon.

J’avais beau m’échapper et faire tout selon mon agentivité, les règles me contraignaient. Il faut faire ça consciemment.

LadyLythene

Plus que les règles, j’y vois une volonté d’empêcher les joueurs d’abuser…

Mirella Machancoses López

C’est ça, l’essence de la création de JdR : créer des opportunités, faire connaître les possibilités de jeu et les limites. Ce n’est pas surveiller les joueurs après ; il faut savoir créer le GN pour sa jouabilité.

LadyLythene

En tout cas, et tu seras d’accord avec moi là-dessus, il faut toujours ouvrir l’œil, parce qu’il y a des petits « malins » partout.

</Fil de discussion>

 

(1) NdT : Aquelarre s’inspire fortement de la péninsule Ibérique au XIVe siècle, au point qu’il est (souvent) abusivement dit qu’il s’agit d’un JdR « historique » - malgré l’omniprésence de forces et de créatures surnaturelles légendaires. [Retour]

(2) NdT : En France, la vision de l’Histoire est surtout très fortement marquée par le Roman National, qui consiste à réinterpréter ou insister sur des évènements du passé en fonction des valeurs que les gouvernements successifs ont voulu transmettre au peuple. Par exemple Jeanne d’Arc en période anglophobe, et les racines gauloises des Français plutôt que leurs racines franques/germaniques en période germanophobe… [Retour]

(3) NdT : Liza, la conférencière, y traite notamment des questions suivantes :

(4) NdT : Une table ronde où la conférencière principale, Ángela Garrido, passe en revue de certains JdR récents pour en analyser la façon d’aborder l’inclusivité, principalement du point de vue du sexe et du genre ; Matt y apporte des précisions au sujet d’autres cultures et origines ethniques hors-Europe – notamment le fait que le point de vue sur le sexe et le genre le plus répandu dans les JdR provient de la culture euro-centrée. [Retour]

(5) NdT : Le texte intégral du catalogue est disponible ici (es). [Retour]

(6) NdT : Il existe des équivalents en français :

  • Persée.fr contient beaucoup de publications en français.
  • Il existe un catalogue en ligne des collections des musées français, ainsi que pour la Suisse ; de plus, la plupart des musées d’Histoire des pays officiellement francophones mettent en ligne leurs collections.
  • L’Université Paris VIII a fait une liste de sites à consulter pour les recherches en Histoire. [Retour]

(7) NdT : D’autres exemples historiques (Japon, Vikings…) de pratiques homosexuelles dans Autocensure ptgptb, qui parle justement de la difficulté d’évoquer l’altersexualité dans les jeux de rôles, à une époque. [Retour]

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